Le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) fait l’objet de recherches explorant des approches complémentaires aux traitements habituels. Le safran, épice traditionnellement utilisée pour ses propriétés sur l’humeur, fait partie des pistes étudiées par certaines équipes de recherche, sans pour autant constituer une alternative aux traitements prescrits par un médecin.

Le TDAH, un trouble qui nécessite un suivi médical
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité est une condition neurodéveloppementale qui concerne environ 5 % des enfants en France, selon les données disponibles, et se manifeste par des difficultés de concentration, une impulsivité marquée et parfois une hyperactivité. Le diagnostic du TDAH relève exclusivement d’un professionnel de santé (pédopsychiatre, neuropédiatre ou médecin spécialisé), à l’issue d’une évaluation approfondie.
Les traitements médicamenteux, lorsqu’ils sont prescrits, le sont dans le cadre d’un suivi médical rigoureux qui permet d’évaluer le rapport bénéfice-risque pour chaque enfant et d’ajuster le traitement si nécessaire. Toute question concernant un traitement en cours, ses effets ou d’éventuelles alternatives doit être posée directement au médecin prescripteur, qui est le seul interlocuteur compétent pour adapter une prise en charge.
Le TDAH peut avoir un impact sur l’estime de soi, la réussite scolaire et la vie sociale, ce qui souligne l’importance d’un accompagnement global, associant souvent suivi médical, psychothérapie, orthophonie ou guidance parentale selon les besoins de chaque enfant.
Le safran : une épice aux composés étudiés
Le safran (Crocus sativus), épice extraite des stigmates de la fleur, est traditionnellement utilisé dans certaines médecines anciennes pour ses propriétés sur l’humeur. Il contient deux composés particulièrement étudiés par la recherche : la crocine, un antioxydant, et le safranal, un composé aromatique qui fait l’objet de recherches concernant son interaction potentielle avec certains neurotransmetteurs comme la dopamine et la sérotonine, impliqués dans la régulation de l’humeur et de l’attention.
Le safran contient également des flavonoïdes ainsi que des vitamines et minéraux comme la vitamine C et le manganèse.
Que disent les études sur le safran et le TDAH ?
Plusieurs études cliniques de petite taille ont exploré le potentiel du safran dans le contexte du TDAH chez l’enfant. Il est essentiel de souligner que ces études comportent des échantillons limités (quelques dizaines de participants), qu’elles nécessitent d’être reproduites à plus grande échelle, et qu’elles ne permettent en aucun cas de conclure à une équivalence avec un traitement médicamenteux prescrit.
Une étude randomisée publiée en 2019 a comparé un extrait de safran à un traitement médicamenteux de référence chez des enfants et adolescents atteints de TDAH sur une durée de six semaines, rapportant des résultats sur les symptômes considérés comme comparables entre les deux groupes. Une autre recherche a examiné l’ajout de safran à un traitement médicamenteux déjà en place, rapportant une évolution des symptômes chez les enfants ayant reçu cette association. Une troisième étude, menée sur huit semaines avec un extrait standardisé de safran, a rapporté une évolution de certains paramètres liés à l’attention chez les enfants participants.
Ces résultats, bien que suscitant l’intérêt de la communauté scientifique, restent préliminaires. Aucune autorité de santé n’a à ce jour validé le safran comme traitement du TDAH, et ces études ne doivent jamais être interprétées comme une justification pour modifier, réduire ou arrêter un traitement médicamenteux prescrit sans l’avis du médecin traitant.
Ce qu’il faut garder à l’esprit avant d’envisager le safran
Plusieurs points de vigilance s’imposent. Le coût des extraits de safran de qualité standardisée peut être élevé. La qualité et la concentration en composés actifs varient fortement d’un produit à l’autre, ce qui rend difficile la comparaison entre les études et les produits disponibles dans le commerce.
Surtout, en cas de traitement médicamenteux en cours pour un TDAH, l’introduction de tout complément alimentaire, y compris à base de plantes, doit impérativement faire l’objet d’une discussion préalable avec le médecin ou le pharmacien, en raison du risque d’interactions et de la nécessité d’un suivi adapté. Le safran ne doit jamais être présenté comme un substitut à un accompagnement médical, psychologique ou éducatif adapté au TDAH.
Précautions d’usage du safran
Le safran est généralement utilisé en cuisine à des doses très faibles. À des doses plus élevées utilisées dans un contexte de complémentation, il convient de respecter les indications du fabricant et de demander l’avis d’un professionnel de santé, en particulier pour un usage chez l’enfant, la femme enceinte ou allaitante, ou en cas de traitement médicamenteux en cours.
Pour des informations générales sur le TDAH et sa prise en charge, le site de l’Haute Autorité de Santé propose des ressources destinées aux familles et aux professionnels.
Questions fréquentes sur le safran et le TDAH
Le safran peut-il remplacer un traitement pour le TDAH ?
Non. Le safran n’est validé par aucune autorité de santé comme traitement du TDAH. Toute décision concernant un traitement médicamenteux doit être prise exclusivement avec le médecin prescripteur.
Le safran est-il sans danger pour les enfants ?
Le safran utilisé en cuisine à dose alimentaire est généralement considéré comme sûr. Pour un usage en complément alimentaire chez l’enfant, l’avis d’un professionnel de santé est indispensable, notamment pour déterminer si cela est approprié et à quel dosage.
Peut-on associer le safran à un traitement médicamenteux pour le TDAH ?
Cette question doit être posée exclusivement au médecin traitant ou au pharmacien, qui pourront évaluer les risques d’interaction et la pertinence d’une telle association au cas par cas.
