Les cheveux sont composés à plus de 95 % de kératine, une protéine structurelle qui leur confère force, souplesse et brillance. Comprendre le rôle de la kératine dans le cycle de vie du cheveu et savoir comment la préserver permet de mieux choisir ses soins et d’éviter les erreurs qui fragilisent la fibre capillaire. Voici tout ce qu’il faut savoir.
Qu’est-ce que la kératine ?
La kératine est une protéine naturelle insoluble composée d’acides aminés, notamment de cystéine (un acide aminé soufré qui forme des ponts disulfures responsables de la résistance du cheveu). Elle est synthétisée par des cellules spécialisées appelées kératinocytes, situées dans le bulbe pilaire et alimentées par les capillaires sanguins de la papille pilaire.
Elle constitue le matériau de base non seulement des cheveux, mais aussi des ongles et de la couche superficielle de la peau. Dans le cheveu, c’est elle qui apporte brillance, souplesse et résistance à la traction et aux agressions extérieures.
Quel est le rôle de la kératine dans le cycle du cheveu ?
Le cycle de vie du cheveu comprend trois phases distinctes, et la kératine n’est synthétisée qu’au cours de la première.
Durant la phase anagène (2 à 7 ans selon la génétique), les kératinocytes du bulbe pilaire produisent activement de la kératine. C’est la période de croissance du cheveu, au cours de laquelle la fibre capillaire s’allonge d’environ 1 cm par mois.
La phase catagène (2 à 6 semaines) marque l’arrêt de la production de kératine. Le bulbe se détache progressivement de la papille et remonte vers la surface du cuir chevelu.
La phase télogène (2 à 6 mois) est la phase de repos : le cheveu reste en place jusqu’à ce que la repousse d’un nouveau cheveu le chasse naturellement. C’est pendant cette phase que survient la chute naturelle (50 à 100 cheveux par jour est normal).
La kératine étant une matière morte une fois synthétisée, elle ne se régénère pas d’elle-même. Elle s’use progressivement tout au long du cycle capillaire sous l’effet des agressions mécaniques, thermiques et chimiques. Il est donc essentiel de la protéger et de la nourrir.
Quelle est la structure du cheveu ?
La tige pilaire (la partie visible du cheveu) est constituée de trois couches concentriques, toutes composées en grande partie de kératine.
La cuticule est la couche externe. Elle est formée d’écailles imbriquées les unes dans les autres, comme des tuiles sur un toit, qui protègent les couches internes. Quand la cuticule est intacte et resserrée, le cheveu est lisse, brillant et résistant. Quand elle est abîmée — par la chaleur, les colorations, le brossage agressif ou les UV — les écailles se soulèvent, le cheveu devient terne, poreux, sujet aux fourches et à la casse. Pour comprendre comment se forment les fourches et comment les éliminer, notre article comment se débarrasser des fourches donne les solutions pratiques.
Le cortex est la couche intermédiaire, la plus volumineuse. Il est composé de cellules kératinisées et de mélanine (le pigment qui donne la couleur au cheveu). C’est lui qui confère au cheveu son élasticité, sa résistance à la traction et sa structure fondamentale. Les colorations permanentes et les permanentes chimiques agissent sur le cortex en oxydant les pigments, ce qui fragilise durablement cette couche.
La moelle (médulla) est le cœur du cheveu. Elle est présente de manière discontinue, notamment dans les cheveux épais, et n’a pas d’incidence significative sur les propriétés mécaniques de la fibre.
Comment préserver et supplémenter en kératine ?
La kératine ne se régénère pas dans les parties déjà formées du cheveu. En revanche, il est possible de la protéger et de la renforcer par deux approches complémentaires : les soins cosmétiques externes et la nutrition interne.
Les soins cosmétiques à la kératine
Les produits cosmétiques enrichis en kératine hydrolysée (des fragments de kératine de petite taille capables de pénétrer dans la fibre capillaire) aident à combler les « trous » de la cuticule et à lisser les écailles abîmées. Shampooings, masques et soins sans rinçage à la kératine constituent des options efficaces pour les cheveux poreux ou abîmés. Le « lissage brésilien » est une technique professionnelle d’application de kératine qui scelle temporairement la cuticule, mais elle utilise des températures très élevées et certaines formules peuvent contenir du formaldéhyde — à éviter. Pour des alternatives plus douces pour réparer les cheveux abîmés, notre article comment réparer les cheveux abîmés propose des solutions naturelles.
La supplémentation alimentaire
La kératine hydrosoluble, disponible sous forme de compléments alimentaires (gélules, gummies), agit de l’intérieur sur les deux couches du cheveu — cortex et cuticule — contrairement aux soins cosmétiques qui n’agissent que sur la cuticule. Des études ont montré qu’une supplémentation en kératine améliore la résistance à la traction des cheveux, réduit leur porosité et diminue la chute liée à la phase télogène.
La synthèse de kératine dépend également de nutriments clés : le zinc et la vitamine B6 sont indispensables au transport de la kératine jusqu’à la racine. Les aliments riches en zinc (fruits de mer, germe de blé, noix, viandes) et en vitamine B6 (banane, volaille, pois chiches) sont à privilégier. La biotine (vitamine B8) joue également un rôle central dans la production de kératine. Pour tout savoir sur ce nutriment, notre article sur les bienfaits de la biotine sur les cheveux détaille son action et les sources alimentaires.
Questions fréquentes sur la kératine et les cheveux
La kératine des soins cosmétiques est-elle la même que celle des cheveux ?
Non. La kératine naturelle du cheveu est une protéine insoluble à structure hélicoïdale très complexe. La kératine utilisée en cosmétique est dite « hydrolysée » : elle a été fragmentée en peptides de petite taille pour pouvoir pénétrer dans la fibre capillaire. Elle répare temporairement la cuticule mais ne reconstitue pas la kératine naturelle du cortex. C’est pour cette raison que les soins à la kératine doivent être renouvelés régulièrement.
Peut-on augmenter naturellement la production de kératine ?
Oui, dans une certaine mesure. Une alimentation riche en protéines (acides aminés soufrés), en zinc, en biotine, en vitamines B et en soufre soutient la synthèse de kératine pendant la phase anagène. Les compléments alimentaires à base de kératine hydrosoluble, de biotine et de zinc peuvent compléter cette démarche, notamment en cas de carence identifiée. En revanche, aucun soin ne peut « créer » de la kératine dans la partie morte du cheveu déjà formée.
Le lissage à la kératine abîme-t-il les cheveux ?
Les lissages professionnels à la kératine utilisent des températures très élevées (200-230°C) qui peuvent fragiliser la fibre capillaire malgré la protection apparente de la kératine. Certaines formules contenant du formaldéhyde (ou ses dérivés) présentent des risques pour la santé. Si vous souhaitez lisser vos cheveux, préférez des méthodes sans chaleur ou des soins lissants naturels à base d’huiles végétales et de protéines de soie.
