Cheveux : d’où viennent les pellicules ?




Les pellicules touchent près de 50 % de la population adulte à un moment ou un autre de leur vie. Ces petites particules blanches ou jaunâtres sur les épaules et les racines sont bénignes, mais elles peuvent provoquer des démangeaisons, un inconfort persistant et une gêne esthétique. Contrairement aux idées reçues, elles n’ont rien à voir avec un manque d’hygiène. Voici ce qu’il faut savoir pour les comprendre et les traiter efficacement.

D’où viennent les pellicules ?

Les trois types de pellicules : sèches, grasses et dermatite séborrhéique

Le cuir chevelu, comme toute la peau, se renouvelle en permanence. En temps normal, ce cycle de renouvellement cellulaire prend environ 28 jours. Chez les personnes sujettes aux pellicules, il s’accélère à 10 jours seulement : les nouvelles cellules poussent les anciennes avant qu’elles ne soient prêtes à se détacher naturellement. Ces cellules mortes s’accumulent, se mélangent au sébum et forment de petites lamelles appelées squames — les fameuses pellicules.

La levure Malassezia globosa, naturellement présente sur le cuir chevelu de tout le monde, joue un rôle central dans ce mécanisme. Chez les personnes sensibles, elle se multiplie excessivement et produit des acides gras qui irritent le cuir chevelu et accélèrent son renouvellement cellulaire. Cette prolifération est favorisée par un excès de sébum, la chaleur et l’humidité.

Les trois types de pellicules

Les pellicules sèches (pityriasis simplex)

Fines, légères et blanchâtres, elles tombent facilement sur les épaules et les vêtements. Elles apparaissent sur les cuirs chevelus secs ou sensibles et provoquent généralement de légères démangeaisons avec un effet poudreux visible aux racines. C’est la forme la plus courante et la plus facilement traitée.

Les pellicules grasses

Plus épaisses, jaunâtres et adhérentes, elles sont liées à une surproduction de sébum qui crée un environnement favorable à la prolifération de Malassezia. Elles s’agglutinent sur le cuir chevelu, forment parfois de petites plaques et s’accompagnent souvent d’un aspect gras des racines et de démangeaisons plus intenses. Pour traiter simultanément l’excès de sébum et les pellicules grasses, notre article comment ne plus avoir les cheveux gras propose une routine complète.

La dermatite séborrhéique

C’est la forme la plus sévère. Elle provoque des inflammations du cuir chevelu, une production abondante de pellicules grasses, des démangeaisons intenses et parfois des plaques rouges. Elle peut également toucher d’autres zones riches en glandes sébacées (sourcils, ailes du nez, plis nasogéniens). La dermatite séborrhéique nécessite un suivi dermatologique : l’Assurance Maladie détaille les traitements disponibles sur son site de référence.

Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?

Conseils pour prévenir les pellicules : routine capillaire et hygiène de vie

Plusieurs facteurs favorisent l’apparition ou l’aggravation des pellicules : un déséquilibre hormonal ou une surproduction de sébum, le stress chronique (qui modifie la production sébacée et affaiblit les défenses cutanées), un manque de sommeil, une alimentation déséquilibrée trop riche en sucres et en graisses saturées, l’utilisation de produits capillaires irritants contenant des sulfates ou des silicones, les changements de saison, la pollution et une eau de rinçage trop calcaire.

Les pellicules peuvent aussi s’aggraver en hiver (chauffage qui assèche l’air), lors de périodes de fatigue intense ou à la suite d’un changement de produits capillaires. Le lien entre stress et pellicules est bien documenté — pour agir sur cette cause, notre article comment freiner la chute de cheveux liée au stress propose des approches globales.

Comment se débarrasser des pellicules ?

Prendre soin de son cuir chevelu pour prévenir les pellicules durablement

1. Espacer les shampoings et choisir le bon produit

Laver ses cheveux tous les jours fragilise le cuir chevelu et stimule la production de sébum, créant un terrain favorable aux pellicules. Deux lavages par semaine maximum avec un shampoing doux et antipelliculaire est la fréquence recommandée. Les formules à base de pyrithione de zinc, d’acide salicylique ou de kétoconazole (en pharmacie) sont les plus efficaces médicalement. Pour une approche plus naturelle, les shampoings enrichis en tea tree, romarin ou thym ont des propriétés antifongiques et purifiantes documentées. Pour tout savoir sur l’entretien du cuir chevelu au quotidien, notre article comment prendre soin de son cuir chevelu donne une routine complète.

2. Faire des soins naturels apaisants

Les bains d’huile avec de l’huile de jojoba (régulatrice du sébum) enrichie de quelques gouttes d’huile essentielle de tea tree ou de cèdre de l’Atlas (antifongiques) constituent un soin naturel efficace contre les pellicules grasses. L’aloe vera pur, appliqué directement sur le cuir chevelu 20 minutes avant le shampoing, apaise les démangeaisons et rééquilibre la flore cutanée. Ces soins s’appliquent avant le shampoing et se laissent poser 30 minutes à plusieurs heures. Pour choisir les meilleures huiles selon votre type de pellicules, notre article sur les meilleures huiles essentielles pour les cheveux détaille leurs propriétés antifongiques et apaisantes.

3. Adapter son hygiène de vie

Une alimentation riche en vitamines B (B6, B8, B12), en zinc et en oméga-3 aide à réguler naturellement le sébum et à renforcer la barrière cutanée du cuir chevelu. Le zinc est particulièrement intéressant : oligo-élément anti-inflammatoire, il normalise l’activité des glandes sébacées et limite la prolifération fongique. Pour aller plus loin sur son rôle, notre article sur les bienfaits du zinc sur la santé détaille ses sources alimentaires.

4. Éviter les produits agressifs

Mousses coiffantes, laques et gels contenant de l’alcool ou des silicones étouffent le cuir chevelu et aggravent le déséquilibre. En période de pellicules actives, privilégiez des produits naturels et légers, rincez abondamment après chaque soin, et évitez les colorations ou les permanentes qui irritent davantage le cuir chevelu déjà sensibilisé.

Questions fréquentes sur les pellicules

Les pellicules sont-elles contagieuses ?

Non. Les pellicules résultent d’une réaction individuelle du cuir chevelu à la levure Malassezia, naturellement présente chez tout le monde. Elles ne se transmettent pas d’une personne à l’autre par contact ou partage de brosse.

Les pellicules peuvent-elles faire tomber les cheveux ?

Indirectement, oui. Un cuir chevelu chroniquement inflammé et irrité peut fragiliser les racines et accélérer la chute capillaire. C’est pourquoi il est important de traiter les pellicules dès leur apparition plutôt que d’attendre qu’elles s’aggravent.

Quand faut-il consulter un dermatologue pour les pellicules ?

Si les pellicules persistent malgré 4 à 6 semaines d’utilisation régulière d’un shampoing antipelliculaire adapté, si elles s’accompagnent de plaques rouges, d’une inflammation visible du cuir chevelu ou d’une chute capillaire anormale, une consultation dermatologique est nécessaire. La dermatite séborrhéique nécessite souvent des antifongiques locaux sur prescription.